Les plantations Michelin au Viêt-Nam, seconde édition mise à jour 2013

Présentation

Dans l’histoire de la domination française en Indochine, l’exploitation de l’hévéa demeure le symbole de l’expansion économique de la région qui a fait la fortune de nombreux colons et de grandes sociétés. Parmi elles, Michelin.
Mais la culture de l’hévéa marque aussi une des périodes les plus noires du colonialisme par le traitement infligé au prolétariat indigène venu travailler là. Or, les plantations Michelin sont, aussi bien dans la presse et les rapports des autorités de l’époque que dans la mémoire du peuple vietnamien, l’un des lieux emblématiques de cette exploitation orchestrée par ceux qu’on appelait les « jauniers ».
Premier ouvrage en français traitant d’un sujet constituant encore un enjeu mémoriel, Les plantations Michelin au Viêt-nam se présente en deux parties distinctes : la traduction du témoignage célèbre d’un coolie ayant travaillé sur une plantation Michelin jusqu’à 1930, puis une rigoureuse étude historique. C’est à une nouvelle approche de la politique sociale de Michelin, en contexte colonial, à laquelle cette étude vous invite.

« Un livre passionnant » déclarent les premiers lecteurs parmi (voir plus loin). La curiosité et l’intérêt suscité par l’ouvrage chez les libraires depuis sa diffusion début avril sont également un vif encouragement. Cet ouvrage s’adresse à la fois à ceux s’intéressant à l’une des plus secrètes et plus importantes multinationales françaises, mais aussi à ceux qui sont attirés par l’histoire coloniale ou celle du Viêt Nam.

Un ouvrage né d’un travail collectif et associatif, entamé depuis près de trois ans
L’histoire sociale des plantations Michelin est un projet né il y a deux ans. L’Université Populaire et Citoyenne du Puy-de-Dôme (UPC 63) conserve dans ses archives le texte original en vietnamien, et aussi sa traduction américaine publiée en 1985 par une université, du témoignage d’un coolie, Tran Tu Binh, ayant travaillé sur les plantations Michelin de 1927 à 1930. Son témoignage raconte les terribles conditions de vie et de travail des milliers de coolies acheminés du Nord vers ces grandes plantations, les mauvais traitements infligés par l’encadrement français et les efforts d’organisation des ouvriers pour se défendre et finalement se révolter. Tran Tu Binh devenu alors militant communiste, fut l’organisateur d’une grève sur cette plantation en 1930, ce qui lui valut 5 ans de prison au tristement célèbre bagne de Poulo Condor.

Après l’accord de la famille de Tran Tu Binh, Carola Kaufmann, membre du groupe Histoire et mémoire sur le mouvement social de l’UPC 63, a réalisé la traduction de ce texte très fort. Parallèlement, Éric Panthou, historien, membre également de ce groupe a entrepris ce qui ne devait être qu’une simple mise en perspective du cadre historique dans laquelle ce récit se déroule. Puis, au gré de ses lectures et de ses recherches aux archives d’outre-mer, se sont faits jour de nombreux particularismes des plantations Michelin. Ceci justifiait l’intérêt de rédiger une véritable histoire de ces plantations.

Cet ouvrage dévoile un pan inconnu de l’histoire sociale de la Société Michelin. Si les historiens anglo-saxons continuent depuis les années 1980 à étudier cette question sociale dans l’économie de plantation en Indochine, il n’existait à ce jour aucune publication sur ce sujet en français depuis un article fondateur de Pierre Brocheux paru en 1977. Ce livre vient donc combler un manque concernant un secteur, l’hévéaculture, qui après 1925 jusqu’à la décolonisation fut le secteur symbole de la « mise en valeur » coloniale chère aux autorités, et en même temps celui qui fut emblématique de cette violence et de cette domination coloniales.
Phu-Riêng la Rouge, par TRAN Tu Binh, un témoignage majeur sur l’Histoire et la société vietnamienne La première partie de l’ouvrage est la traduction du témoignage d’un coolie, Tran Tu Binh, parue en 1965 pour la première fois au Viêt Nam, sur les conditions de vie et de travail extrêmement difficiles sur l’une des plantations Michelin et les efforts d’organisation des ouvriers pour se soulever. Il y a quelques semaines, à la question suivante, posée sur le forum américain Vietnam Studies Group à plusieurs dizaines de spécialistes du monde entier, « Quels livres conseillerez-vous à un étudiant se rendant au Viêt Nam ? », Phu-Riêng, la Rouge, de Tran Tu Binh, a été retenu aux côtés d’une vingtaine d’autres ouvrages de référence. C’est dire l’importance de ce récit, que l’Université Populaire et Citoyenne, grâce à la traduction de Carola Kaufmann, avec l’aide de Jacques Joubert, à partir de la version originale en vietnamien, est fière de présenter pour la première fois en français. Ce texte, bien qu’il s’agisse d’un témoignage militant, d’un homme devenu ensuite un cadre du régime nord-vietnamien, est en effet considéré par les meilleurs spécialistes, tels Pierre Brocheux ou l’historien américain David G. Marr, comme le plus fiable sur la condition ouvrière dans ces grandes plantations. Il est le plus fréquemment cité par les historiens s’intéressant à cette période et ce sujet.

Le particularisme des plantations Michelin en Indochine, par Éric Panthou,
Un travail universitaire très documenté sur une face oubliée de l’histoire sociale de la multinationale clermontoise

La seconde partie est historique. Si l’intérêt pour l’histoire sociale et économique des plantations d’hévéas en Indochine est croissant depuis des années, en particulier chez les auteurs anglo-saxons, presque tous ont été confrontés au refus de la Société Michelin d’ouvrir ses archives. En s’appuyant sur plusieurs centaines de pages de documents issus de ces archives, cette étude constitue une réponse à l’attente de nombreux chercheurs concernant l’attitude du géant du pneumatique en Indochine. Ce travail, à travers certaines comparaisons, établit le particularisme de ces plantations ; particularisme par la généralisation précoce des méthodes d’organisation du travail inspirées de Taylor et génératrices de pressions et violences sur les ouvriers ; particularisme par la fréquence et la gravité des incidents entre direction et ouvriers ; particularisme par la méconnaissance des mœurs des ouvriers de la part de cette même direction, par les conflits importants qu’ont noué les dirigeants avec les autres planteurs...

Cette publication est le fruit de deux ans de travail et de recherches dans différents centres d’archives, s’appuyant aussi sur les copies fournies par d’autres chercheurs, issues aussi bien des archives publiques en France et au Viêt Nam que des archives Michelin. Si la direction Michelin a attendu 15 mois pour répondre aux sollicitations d’Éric Panthou, pour invoquer finalement un manque de personnel pour retrouver et fournir les archives demandées, il a pu disposer de plusieurs centaines de pages de photocopies de ces archives, confiées par un autre chercheur. Ce travail s’appuie en outre sur une bibliographie de plus de 200 titres aussi bien en français qu’en anglais (consultable en ligne sur le site de l’UPC 63).

Michelin a considéré qu’il suffisait de dépenses importantes dans le domaine sanitaire (hôpital et drainage pour réduire le fléau du paludisme qui a causé 17% de morts en 1927 sur l’une de ses plantations) pour obtenir la paix sociale et des rendements élevés. Mais à côté, il a délaissé l’habitat, ses cadres ne connaissaient pas les mœurs et coutumes des coolies, et considéraient toute protestation comme émanant des communistes donc non entendables. Tout cela a contribué à ce que des incidents graves (assassinat d’un surveillant français, cas de torture dévoilés par l’inspection du Travail, grève insurrectionnelle en 1930, assassinat de 3 coolies par des gardes en 1932, etc.) surviennent régulièrement et que les autorités soient de plus en plus critiques à son égard comme en témoigne l’extrait du rapport du Gouverneur de Cochinchine qui figure ci-après.

Cette étude établit aussi le succès économique de ces plantations, que les chercheurs pressentaient bien sûr, mais sur lequel ils ne disposaient d’aucun chiffre, la Société Michelin cultivant le secret depuis ses origines. L’extrême faiblesse des salaires des coolies combinée à la forte demande en faveur du caoutchouc naturel, a contribué à faire de ces plantations des domaines extrêmement rentables. Ceci explique sans doute pourquoi Michelin est resté au Viêt Nam jusqu’à la chute de Saigon en 1975 et le départ des Américains, bientôt suivis de l’expropriation des plantations du Sud Viêt Nam par le nouveau pouvoir communiste. Mais Michelin et ces grands planteurs ont laissé une trace indélébile dans la mémoire populaire vietnamienne qui voit cette période des grandes plantations comme celle emblématique de la domination coloniale et de la violence faite aux Vietnamiens. Tran Tu Binh ne qualifie t-il pas Phu-Riêng, la plantation Michelin où il fut employé, d’ « enfer sur terre » ? Le fait qu’après que les autorités vietnamiennes ont réouvert le pays aux capitaux occidentaux en 1992, Michelin ait reçu une fin de non recevoir, est également significatif de la trace laissée par cette entreprise dans ce pays.


Un ouvrage au croisement de l’Histoire coloniale et de l’Histoire sociale

Depuis la fin des années 1990, on a assisté à un regain d’intérêt et à un profond renouvellement de l’Histoire coloniale, en grande partie parce que ces questions liées à la mémoire, la repentance ont été remises à l’ordre du jour à travers la loi Taubira qualifiant l’esclavage de crime contre l’Humanité, puis à travers la tentative il y a peu, d’inscrire dans le marbre et faire enseigner « le rôle positif de la présence française outre-mer » et « la mission civilisatrice de la France » défendue par certains depuis Jules Ferry 1. En témoigne aussi cette année le fait que cette question des sociétés coloniales soit au programme des concours du CAPES et de l’agrégation en Histoire contemporaine. Cette Histoire coloniale est un enjeu mémoriel important, elle n’est pas neutre. La présentation conjointe de la vision des colonisés et d’une analyse historique rigoureuse constitue l’une des originalités et l’intérêt de cet ouvrage.

Le livre a reçu le Prix 2014 du livre anticolonial, décerné lors en février 2014 à Paris


Les recensions et réactions par les historiens

« On a là un ouvrage en partie double : d’abord, le long récit autobiographique du haut cadre communiste Tran Tu Binh (« Phu-Riêng, la Rouge : récit d’une révolte sur une plantation Michelin d’Indochine en 1930 », publié en vietnamien en 1965) ; ensuite, l’étude récente, très fouillée, du spécialiste d’histoire sociale du Puy-de-Dôme, Éric Panthou (« Aux sources du particularisme des plantations Michelin en Indochine, de leur origine à 1939 »). Le caractère disparate de ces textes, et leurs divergences mêmes, font un ensemble passionnant, et extrêmement instructif, tant sur les faits que sur leur réfraction mémorielle et politique. [ ]
Si l’on souhaite avoir une vision plus nuancée (ce qui ne signifie pas complaisante, on va le voir) et plus globale des plantations coloniales d’hévéas, on se tournera donc plutôt vers Éric Panthou, qui porte successivement son analyse sur leur rationalité économique, le statut et le traitement de leur main-d’œuvre, enfin sur les conséquences politiques – tensions et mobilisations – des violences qui s’y exerçaient. »

Jean-Louis Margolin, Maître de Conférence, Université Aix-Marseille, IrAsia, Mousson, n°22, 2013, p. 173-177.

« Dans la seconde partie, l’historien Éric Panthou a rassemblé à peu près toute la documentation disponible sur les plantations Michelin en Indochine à l’époque coloniale. Le tableau, d’abord apocalyptique se nuance ensuite : la mortalité était telle qu’il fallut assurer un minimum de repos à ces coolies, puis les soigner... La colonisation fut bien l’une des phases de la mondialisation capitaliste. »

Alain Ruscio, historien, spécialiste de la décolonisation en Indochine. Extrait d’une critique parue dans Le Monde diplomatique, août 2013.

« Cet ouvrage associant témoignage et analyse historique en miroir est une contribution originale et de grand intérêt pour mieux connaître et comprendre l’Indochine d’hier et le Vietnam d’aujourd’hui. »

Jeanne-Marie Amat-Roze (recensions de l’Académie des sciences d’outre-mer)

« Il s’agit d’un travail universitaire très documenté sur une face oubliée de l’histoire sociale de la multinationale clermontoise. [ ] C’est à une nouvelle approche de la politique sociale de Michelin, en contexte coloniale, que cette étude vous invite »

Caroline Herbelin, La Lettre de l’Association Française pour la Recherche sur l’Asie du Sud-Est, 2013, n°83

« Eric Panthou, qui annote fort honnêtement les anciens propos de l’ancien rebelle développe ensuite sur 180 pages un travail d’ordre universitaire très circonstancié pour examiner les conditions historiques qui ont conduit la société Michelin à gérer ses propres plantations d’hévéas en Indochine. Alignant les chiffres, croisant les sources, accumulant les données, l’auteur s’intéresse aux deux plantations « modèles » de Michelin, celle de Phu Riêng et de Dâu Tiêng, pour souligner comment le taylorisme clermontois superposé aux méthodes coloniales aboutit, dans ces camps de travail où l’ « l’engagé » n’est plus qu’un matricule, à un travail contraint et à un traitement totalement déshumanisé où seule la violence industrielle a force de loi.
C’est sans doute ce souci de mettre l’accent sur la responsabilité directe de la famille Michelin dans l’élaboration, depuis Clermont-Ferrand, d’un système d’exploitation colonial à la logique économique implacable qui éloigne trop les événements de février 1930 à Phu Riêng de leur contexte vietnamien. [ ] En historien mesuré, Eric Panthou, lui, ramène sans doute trop ce qui s’est passé à Phu Riêng à une simple grève et il n’évoque qu’incidemment la répression telle qu’elle s’exerce « à l’échelle de la colonie ». [ ]
Mais l’important est que la lecture de cet ouvrage donne par ses informations suffisamment à réfléchir par ailleurs : à savoir sur les conditions de vie de milliers d’hommes et de femmes dont on nie l’humanité, main-d’œuvre systématiquement déconsidérée, maltraitée et surexploitée sur une plantation française d’hévéas dans les années trente. »

Philippe Dumond, Carnets du Viêt Nam, n°37, juin 2013, p. 44-45.

« Ce récit engagé [celui de Tran Tu Binh] renseigne avec force détails sur la manière dont ont été vécus les événements par un acteur majeur du mouvement et constitue une source rare sur le quotidien des travailleurs dans les plantations Michelin. Par sa nature même, ce récit comprend de nombreuses exagérations, soulignées par Éric Panthou dans les notes de bas de page et l’étude qui constitue la seconde partie de l’ouvrage. [ ]
L’étude d’Éric Panthou permet donc de montrer à quel point l’adaptation des pratiques métropolitaines de Michelin en Indochine a conduit à un système particulier, marqué par la violence, jusqu’à s’opposer à « l’esprit Michelin » de Clermont-Ferrand. D’un point de vue purement formel, on peut regretter l’absence des accents diacritiques, ce qui ne laisse pas d’étonner dans un ouvrage sur le Việt Nam, qui cherche à redonner aux populations locales toute leur place, et d’ailleurs y parvient. »

Marie de Rugy, Le Mouvement Social [consultable en ligne sur http://www.lemouvementsocial.net/ rubrique Compte-rendus)

« Bravo pour votre travail, « Les plantations Michelin au Viet Nam » que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Vous avez eu l’excellente idée de mettre à la portée de tous, le témoignage de Tran Tu Binh. Quant à votre propre contribution, on voit que vous avez cherché à être objectif, honnête et critique. Les sources que vous citez seront précieuses pour ceux qui voudront approfondir le sujet. Vous avez également rectifié quelques inexactitudes et exagérations »
HO Hai Quang, Professeur d’Economie à l’Université de la Réunion, auteur en 1982 de la thèse intitulée Le rôle des investissements français dans la création du secteur de production capitaliste au Vietnam méridional.

« Le récit, utilement accompagné (et confirmé par) des notes critiques, de Tran Tu Binh, paysan pauvre arraché à son village, devenu héros de la première grande grève des coolies, en 1930, et de la libération nationale du Vietnam, décrit avec précision « l’enfer colonial » et la naissance des luttes sociales, nationales et politiques que le mouvement communiste vietnamien associa en permanence dès les années 1920. L’exposé d’histoire sociale d’Éric Panthou, fondé sur un solide appareil de sources et une ample bibliographie, fournit d’indispensables compléments scientifiques sur la situation coloniale et sur « le système Michelin ». Il montre aussi que l’exploitation coloniale aggrava l’exploitation ouvrière « métropolitaine » et nourrit les aspects les plus sinistres de l’histoire de France, aujourd’hui ravivés par la crise systémique, racisme en tête. Cet ouvrage passionnant nous ramène aux réalités, si longtemps étouffées par la complaisante « histoire d’entreprise », de l’histoire sociale, coloniale certes, mais aussi générale. »

Annie Lacroix-Riz, Professeur d’Histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot

"Quelques mois après la sortie du documentaire Công Binh, plongée bouleversante dans les réalités du travail forcé en Indochine coloniale, Éric Panthou propose une étude fouillée sur les plantations Michelin. Son travail, à la croisée de l’histoire coloniale et sociale, met à nu la logique d’exploitation de la grande firme clermontoise, sur la base d’une large documentation et avec une grande rigueur historique. Il est précédé d’un précieux témoignage inédit en français, qu’il situe, éclaire et prolonge."

Olivier Favier www.dormirajamais.org (Paris)

« Diplômé de 3éme cycle en Histoire contemporaine, Eric Panthou propose une histoire de Michelin, très éloignée de la bien pensante image dont se targue la firme à travers son paternalisme, son action sociale, et son Bibendum ! [ ]
Cet ouvrage très fouillé présente la face cachée de la firme, dans les méthodes appliquées dans ses exploitations... Eric Panthou en a rassemblée des zones ombrageuses et peu reluisantes, puis resitué le contexte en métropole et dans les colonies. »

Jean-Marc Laurent, Encart sur le livre dans un article sur Michelin pendant la Première Guerre mondiale (à paraître en avril 2014 dans la revue Histoires de France)

« Je n’ai pas encore eu le temps de lire l’intégralité de votre ouvrage. Toutefois, je l’ai immédiatement survolé avec une infinie satisfaction. Et j’ai eu très envie, en tant qu’enseignante, d’utiliser vos recherches dans le cadre de la mise en place de l’un de mes cours, les nouveaux programmes de classe de troisième enjoignant aux professeurs d’histoire de commencer leur année par "Un siècle de transformations scientifiques, technologiques et sociales".
Il est recommandé de partir de l’exemple d’une entreprise à travers le XXème siècle. Votre ouvrage me paraît tout à fait approprié et devrait permettre de réfléchir de manière rigoureuse au système de production de l’une de nos multinationales et à ses conséquences sociales. [ ] Il faut absolument que cet ouvrage soit signalé sur les différents sites académiques afin que les enseignants puissent travailler en toute connaissance de cause. »

Gilda Guibert, Professeur agrégée d’Histoire (Yvelines)

"Bibendum, le grand oppresseur paternaliste n’a pas sévi que sur les hauteurs de Clermont-Ferrand, il exploitait aussi les hévéas de l’ancienne Indochine et, cela va de soi ses ouvriers indigènes... Dans un livre consacré à l’histoire des plantations Michelin au Viet-nam publié aux éditions La Galipote, Eric Panthou, spécialiste des luttes sociales en Puy de Dôme, nous livre une analyse fine et documentée du mécanisme colonial et des révoltes qui ont secoué l’exploitation de l’arbre à caoutchouc au début du 20 ème siècle. Son ouvrage est accompagné du témoignage de Tran Tu Binh sur l’insurrection de Phu-Rieng la Rouge en 1930. Cet ouvrier devenu cadre du pays libéré, y décrit les conditions de vie inhumaines et l’organisation du soulèvement. Cet ensemble est un outil indispensable pour connaître mieux le système colonial et se rappeler le prix payé par ceux qui refusèrent de s’y soumettre... »

Henri Cazales (Radio-Asso)


Présentation des auteurs

Éric Panthou

Éric Panthou est bibliothécaire à Clermont-Ferrand, détenteur d’un DEA en histoire contemporaine. Son mémoire de maîtrise a reçu le prix Maitron 1994, décerné au meilleur mémoire en Histoire sociale. Il mène depuis vingt ans des recherches sur l’histoire sociale et politique du Puy-de-Dôme dans l’entre-deux-guerre et en particulier chez Michelin. Il vient de recevoir le prix 2014 du livre anticolonial pour Les Plantations Michelin au Viêt Nam.

Travaux publiés et interventions à colloques :

« La protection médicale tardive des coolies dans les plantations d’hévéas en Indochine : l’exemple d’un service sanitaire modèle dans les plantations Michelin, 1925-1937 ». Communication à la Conférence « The History of Medicine in Southeast Asia », Department of History, Ateneo de Manila, University, Manila, The Philippines, 9 January 2014.

« La CGT chez Michelin sous le Front Populaire à la lumière des archives de Robert et Henri Verde ». in Vincent Flauraud et Nathalie Ponsard (sous la dir. de), Histoire et mémoire des mouvements syndicaux au XX° siècle : Enjeux et héritages, Nancy, éditions Arbre bleu, 2013, p. 161-182.

« Organisation scientifique du travail et progrès agronomiques : quelques bases du succès économique et du particularisme des plantations Michelin au Viêt-nam. » Communication à la Journée scientifique : Économie et développement durable en francophonie, sous la dir. de Dominique Barjot. Université Paris IV Sorbonne – Université Lyon 3, 22 novembre 2012. [A paraître en 2013 dans Outre-mer : Revue historique]

 « L’aspiration à une démocratie sociale : Mouvement syndical et Front populaire », In : Nathalie Ponsard (dir.), Le syndicalisme dans le Puy-de-Dôme de 1864 à 2011, Clermont-Ferrand, éd. Un, deux… Quatre, 2011. Chapitre 2, p. 23-44

« Des militants syndicaux dans les années noires », In : Nathalie Ponsard (dir.), Le syndicalisme dans le Puy-de-Dôme de 1864 à 2011, chapitre 3, p. 45-58.

« Note sur le service médical et les caisses de secours mutuels de l’entreprise Michelin : de leur origine aux lendemains de la Seconde guerre mondiale », In : Bulletin d’histoire de la sécurité sociale en Auvergne, n°11 3e trim. 2010, p. 24-33.

L’année 1936 dans le Puy-de-Dôme, Paris : FEN/UNSA, Cahiers du centre fédéral, 1995, 384 p. Prix Maitron 1994.

Tran Tu Binh

Tran Tu Binh (1907-1967), de son vrai nom Pham Van Phu, a raconté en 1965 son témoignage d’ancien coolie sur les plantations Michelin. Il est alors un haut dirigeant Nord-Vietnamien. Fils de paysan pauvre, lettré grâce à son passage au séminaire, il est conquis par les idées communistes et décide d’œuvrer à l’essor de son organisation en se faisant ouvrier en 1927 sur la plantation Michelin de Phû-Riêng. C’est là qu’il fut à l’origine d’une grève insurrectionnelle en 1930. Il fut pour cela condamné à 5 ans de bagne où il prit son nom de Tran Tu Binh, « l’homme qui pouvait mourir pour la paix ». et devint ensuite un cadre du Parti Communiste Vietnamien. Il mena une brillante carrière militaire qui l’amena au grade de général et parallèlement, sa proximité avec Ho Chi Minh l’aida dans sa carrière politique le menant au poste d’ambassadeur de la République du Viêt Nam en Chine mais aussi au Comité Central du Parti Communiste vietnamien.


Le livre dans les médias

Recension de Jean-Louis Margolin, Mousson : recherches en sciences sociales sur l’Asie du Sud-Est, n°22, 2013, p. 173-177.
http://moussons.revues.org/2428#authors

Recension par Philippe Dumond, Carnets du Viêt Nam, n°37, juin 2013, p. 44-45.

Recension par Jeanne-Marie Amat-Roze pour l’Académie des sciences d’outre-mer (septembre 2013)

Recension par Alain Ruscio dans la rubrique « Les Livres du mois », Le Monde diplomatique, août 2013, p. 26.

Recension par Marie de Rugy, Le Mouvement Social, février 2014
http://www.lemouvementsocial.net/comptes-rendus/les-plantations-michelin-au-viet-nam-eric-panthou-une-histoire-sociale-1925-1940tran-tu-binh-phu-rieng-recit-dune-revolte/

« Les plantations Michelin au Viêt Nam. Succès de librairie oblige, en piste pour une seconde édition ! », Cahier culturel de La Galipote, n°129, janvier 2014, p. 1-5. Dossier avec présentation et interview d’Eric Panthou.

Marc Gachon, « Un livre documentaire sur Les plantations Michelin au Viêt-Nam entre 1925 et 1940 », La Galipote, n°127, hiver-printemps 2013, Cahier culturel, p. 10.

« Café Lecture les Augustes : Les plantations Michelin au Viêt Nam. Témoignage et analyse d’Éric Panthou », La Montagne, samedi 19 janvier 2013, p. 19. Article réalisé à l’occasion d’une conférence mensuelle des Amis du Monde Diplomatique.
Le livre dans les médias
« Michelin. Regards d’hier et d’aujourd’hui sur les plantations en Indochine », La Montagne, samedi 23 mars 2013, p. 15.

Les plantations Michelin au Viêt Nam. Émission enregistrée avec Bernard Genet (association Comager), diffusée le 13 février 2013 sur Radio Galère (Marseille), durée 1h38. Accessible en ligne.

Eric Panthou, Les plantations Michelin au Viêt Nam. Conférence des Amis du Temps des Cerises, jeudi 21 février 2013, durée 1h05. Enregistrement sonore
http://www.mixcloud.com/amitempsdescerises/les-plantations-michelin-au-vietnam/?utm_source=redirect&utm_medium=shorturl&utm_campaign=cloudcast

Eric Panthou, Michelin ou l’opportunité coloniale : l’exemple de l’Indochine, Intervention au séminaire Michelin à la loupe des sciences sociales, jeudi 28 avril 2013. Vidéo
http://videocampus.univ-bpclermont.fr/index.php?cmd=rqCollection&id_collection=30

Brigitte Cante, Les plantations Michelin au Viêt Nam ou l’histoire coloniale de Bibendum en Indochine, Journal télévisé de France 3 Auvergne, mardi 9 avril 2013, 3 minutes 30,
http://auvergne.france3.fr/2013/04/09/les-plantations-michelin-au-viet-nam-ou-l-histoire-coloniale-de-bidendum-en-indochine-231133.html

Jean-Paul Gondeau, "Michelin au temps de l’Indo... : Une histoire sociale assortie du témoignage d’un ancien coolie", La Montagne, 7 juin 2013, p. 17.


Bon de commande :

Index :

Bibiographie :


L’ouvrage est édité par les éditions La Galipote, en partenariat avec l’Université Populaire et citoyenne du Puy-de-Dôme.
Il comporte 340 pages et coûte 20 € (24,60 € par envoi postal)
Il est disponible auprès de l’éditeur, de l’UPC, sur Internet et chez les libraires

Portfolio